par Jan 4, 2021

Qui n’a pas déjà été transporté par une chanson ou une musique ? Au point de l’écouter en boucle pendant des heures, des jours entiers.

C’est une expérience que nous partageons tous. Expliquer ou justifier ceci ne m’intéresse pas. 

Ce qui me fascine là-dedans, c’est l’expérience d’une communion totale avec les mots, la voix, les instruments, les notes et le rythme de la chanson en question. Le voyage que cela me permet. 

Lorsque ceci m’arrive, ce n’est pas une dilution, un effacement ou une disparition de qui je suis, c’est plutôt une expansion – je suis totalement présente à mon corps et en même temps je suis les vagues  acoustiques de la chanson, et je suis ce champ élargi à l’infini de la perception et du recevoir des énergies convoquées par elle.

Je le sais, je le reconnais, et c’est toujours une joie fabuleuse que d’être cela. 

Avez-vous déjà entendu Jackie, par le groupe Placebo ? C’est la chanson, ancienne déjà, qui depuis quelques semaines me transporte, me translate, me transmute, me transforme, me transfigure.

Les mots parlent d’un amour éternel, au-delà de la vie, des terres et des mers, au-delà du temps, au-delà de cette réalité. Ils nous content la transfiguration de la peine et de l’errance d’une femme pour son Jackie, disparu en mer lors d’une tempête, et transposent la douleur de la perte de l’aimé à l’immensité des plages de sable, des mers, des rivages inconnus. La complainte est celle d’une femme disparue depuis vingt ans, pleurant un marin qui navigue les océans depuis un siècle. Elle a refusé l’explication donnée par d’autres, après la disparition de son homme en mer. 

La tristesse dite par les mots, la voix, la musique se transmute en beauté absolue.  L’attente se mue en mouvement perpétuel, en exploration de l’inconnu. La solitude devient communion avec les éléments – le sable, la mer. L’amour de cette femme pour son homme devient énergie universelle. 

Et à chaque écoute, je suis bouleversée, changée, et je pleure, et je chantonne, et parfois je chante à tue-tête le refrain, et le monde entier s’ouvre à moi. Je suis tout et son contraire, ou pas tout à fait son contraire – tout est bon. Et je suis toutes les femmes dont l’homme a disparu en mer ou ailleurs, et tout l’amour que cette Terre a porté. Totalement dingue. 

Et vous, quelle est votre chanson déclencheuse d’une autre réalité, en ce moment ? 

 

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2 Commentaires

  1. Patsy Stoll

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