,,Retour sur 1300 km à vélo à travers la Bretagne – seule, libre, vivante.
À 67 ans, tu n’es pas supposée être sur ton vélo gravel, à 5h30 du matin, au départ d’un 1300 km sur routes, chemins et sentiers.
Tu n’es pas non plus supposée franchir la ligne d’arrivée quelques 8 jours plus tard après avoir roulé seule 90% du temps…et après que 50% des participants passionnés d’ultra-distance au départ aient abandonné.
Pourtant je l’ai fait en mai 2024.
Et tu sais quoi ?
Je projette de le refaire en septembre 2025 sur les chemins et sentiers de la Bohemia Divide, en République tchèque.
Parce que je suis suffisamment téméraire pour choisir de le faire, et suffisamment tenace pour en voir le bout.
Parce que j’ai la chance d’avoir une relation fusionnelle avec mon corps.
Parce que j’ai déjà participé à quelques monuments de l’ultra-distance cycliste.
Parce que je ne me sens jamais aussi libre et heureuse que lorsque je suis seule et que :
– je n’ai plus qu’à pédaler pendant 12 à 15 heures chaque jour
– je ne transporte que le strict minimum sur mon vélo
– je deviens le paysage que je traverse.
Et pourtant, la plupart du temps sur le vélo, j’ai faim ou soif, ou mal quelque part, ou froid, ou trop chaud, ou suis impatiente d’arriver, ou trempée, ou épuisée, ou en plein doute de pouvoir trouver un couchage en fin de soirée.
Mais sous cette couche grise et superficielle d’inconfort, il y a les nombreuses strates dorées d’une vie engagée, intense, pleine et enrichissante, libre et joyeuse, qui se suffit à elle-même.
Il y a la magie à être pleinement vivante et en mouvement, dans et avec mon corps, sur mon vélo.
Et d’être la source de ma propre vie.
Les heures de roulage que je préfère sont celles du petit matin – de 5h00 à 7h00, dans l’obscurité et le calme.
Je suis alors la seule humaine au monde et le monde m’appartient.
Je n’ai pour seuls témoins que les oiseaux, et pour seule musique que le glissement de mes roues sur l’asphalte ou la terre ou les cailloux.
Ce sont des heures enivrantes.
Ce sont ces heures-là qui font que, tant que je le pourrai, je choisirai d’être au départ d’autres aventures ultra-distance.
Et toi, qu’est-ce qui fait que tu es prêt à toutes les témérités ?
Qu’est-ce qui t’anime tellement que tu chercheras toujours à l’avoir dans ta vie qui devient alors un miracle ?
Et si tu ne l’as pas encore, es-tu prêt.e à partir en quête de cela et à croire en toi contre vents et marées ?
Le Gravel Tro Breizh est superbement organisé sur une base annuelle, par Frédéric via Erminig.
C’est une épreuve d’ultra-distance vélo longue d’environ 13O0 km et 18 000 m de dénivelé positif, entre Morbihan et Finistère :
– une ‘course’ style contre la montre, mais sans classement
– en autonomie totale (tu te débrouilles pour ne pas te perdre, trouver de quoi manger et boire et où dormir)
– effectuée sur un vélo tout terrain (VTT ou gravel)
– disputée à 50% sur des chemins et sentiers (rugueux et boueux très souvent), et sur de petites routes bretonnes pour les 50% restants.
En 2024, la météo fut souvent pluvieuse et presque toujours frisquette.
Nous étions 200 participants, dont 20 féminines, la plupart dans leur trentaine ou quarantaine – j’étais la doyenne de tout ce beau monde de sportifs !



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